Une réponse à une double crise documentée
Les données récentes provenant de gouvernements et d’organisations civiles font état d’une multiplication des incidents antisémites et anti-musulmans, alimentés par la guerre en cours au Moyen-Orient, la peur ambiante et la polarisation sociale. Des synagogues ont été attaquées, des propriétés juives incendiées, des mosquées vandalisées en Europe et aux États-Unis. La rhétorique anti-musulmane s’est également intensifiée, y compris parmi des élus et responsables politiques américains.
Les fonds seront déployés sur plusieurs fronts complémentaires : protection des communautés menacées, renforcement des partenariats interconfessionnels, développement de la recherche et de l’éducation, soutien aux voix juives et musulmanes engagées pour la justice, et lutte contre les discours discriminatoires dans l’espace public.
« Nous assistons à une montée inquiétante des crimes de haine ciblant juifs et musulmans, ce qui exige clarté, solidarité et action. »Alex Soros, président du conseil — Open Society Foundations, mai 2026
Une maison aux convictions familiales
Alex Soros, président du conseil des OSF, a rappelé que l’identité juive de sa famille en a longtemps fait une cible de l’antisémitisme, renforçant sa détermination à combattre toutes les formes de haine. L’histoire fonde ici la mission : George Soros, philanthrope de renommée mondiale, a été façonné par son expérience de Juif hongrois durant la Shoah — expérience qui a inspiré la vision fondatrice des OSF, celle d’un monde où chacun peut vivre sans peur.
Les défis du terrain, réels et tenaces
Mener ce combat n’est pas sans friction. George Soros est lui-même une cible récurrente d’attaques antisémites et de théories complotistes — un homme lui a envoyé des engins explosifs, un acte pour lequel il a été condamné à vingt ans de prison. Sur le plan opérationnel, les OSF doivent naviguer dans un espace où la lutte contre l’antisémitisme et la défense des droits des Palestiniens se télescopent politiquement. L’organisation revendique pourtant cette nuance : elle finance des organisations qui combattent l’antisémitisme tout en protégeant la liberté d’expression et en distinguant clairement l’antisémitisme de la critique légitime des politiques du gouvernement israélien violant le droit international. Un équilibre difficile à tenir dans un climat où toute prise de position est susceptible d’être instrumentalisée.
Un legs qui s’approfondit
Cette initiative de 30 millions s’inscrit dans la continuité d’un engagement de longue date : depuis les attentats du 11 septembre, les OSF soutiennent des efforts contre la diabolisation des musulmans américains. En 2016, une initiative similaire de 10 millions avait financé des groupes communautaires, soutenu un suivi national des incidents de haine et connecté les victimes à des services juridiques et sociaux.
Illustration : Getty.
Anne-Louise Delgado








